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1) Les bases
du problème
Deux grands
systèmes cohabitent dans le monde :
a) Le système
par répartition : Il est basé sur des concepts simples,
les jeunes générations au travail versent des cotisations
pour s'ouvrir des droits à venir pour leur propre retraite pendant
que les cotisations servent à payer les retraites des personnes
inactives(ce qui signifie que le montant des dites cotisations sont consommées
immédiatement par les plus âgés, les droits futurs
à venir pour les actifs devront être financés par
les cotisations des générations suivantes) Ce système
fonctionne parfaitement tant qu'il y a un équilibre démographique
favorable(plus d'actifs que de retraités).
b) La capitalisation
: Chaque individu pendant son activité professionnelle place une
partie de ses économies dans un système qu'il choisit pour
assurer ses vieux jours.,Il peut le faire individuellement ou collectivement
(fonds de pensions) avec ou sans incitations fiscales.
c) Le système
mixte assurant un double revenu en provenance du système a) et
b).
Le système
b) n'est viable que si les acteurs économiques et l'économie
des placements sont réalisés avec pertinence ;
2) Le problème
en France
A ) Le système
actuel de répartition est en péril.
C'est notre
système principal de retraite pour la grande majorité de
la population française et il est en péril en raison du
très fort déséquilibre démographique des dernières
décennies et du " baby boom " de l'après deuxième
guerre mondiale, les actifs n'étant plus à moyen terme assez
nombreux pour payer les retraites des inactifs.
a) la démographie
est très défavorable en France entre 2008 et 2040
b) Les cotisations sur les entreprises sont déjà très
élevées par rapport à nos principaux concurrents
notamment en raison de la mise en uvre des 35 heures, sur les salariés
les cotisations sociales sont très importantes en comparaison de
ce qui se passe dans les pays voisins risquant d'accentuer le départ
des jeunes talents et le découragement des jeunes face aux fruits
du travail dans notre pays si on en ajoute encore, avec en sus le risque
de générer un ""conflit des générations
" à terme
c) La durée moyenne de la vie s'allonge d'environ un trimestre
par an rendant la période de la retraite plus longue ;
d) L'entrée des jeunes dans la vie active est souvent retardée
par de longues études et les difficultés de trouver un premier
travail
B) Le système
aggrave les inégalités
Tous les Français
ne sont pas traités identiquement pour le droit à la retraite,
de très importantes disparités existent entre les fonctionnaires,
les catégories spécifiques ( RATP, SNCF ..), les salariés
du privé, les artisans et les professions libérales.
-Certains partent
entre 50 et 55 ans, d'autres à 60 ans, d'autres enfin beaucoup
plus tard.
-La durée de cotisations minimum est de 37.5 ans pour les fonctionnaires
et de 40 ans pour les salariés du privé ;
-la base du calcul est de 25 ans pour les salariés du privé
et de quelques mois pour les fonctionnaires
..)
-les professions libérales et les artisans ont des situations très
disparates.
C) Le problème
du financement
Sans entrer
dans le détail des chiffres, il manquera plusieurs dizaines de
milliards d'euro entre 2010 et 2040 si on maintient le système
en l'état.
Cela signifierait soit une baisse des prestations de l'ordre de 40% ou
une augmentation des cotisations du même ordre de grandeur pour
équilibrer les comptes.C'est inacceptable car cela conduirait à
écraser les jeunes générations de charges exorbitantes
ou à paupériser nos anciens.
Le gouvernement
se doit donc d'agir puisque bien que la situation était prévisible
depuis longtemps les gouvernements précédents à l'exception
de celui de M Balladur n'ont pas traité le problème.
3) Les remèdes possibles
Le problème est connu depuis des dizaines d'années et de
très nombreux rapports ont été écrits sur
les diverses solutions possibles. Malgré cela mise à part
la réforme Balladur, pour le privé, tous les gouvernements
ont repoussé à plus tard la mise en place des solutions.
-La voie des
cotisations : Elle est aujourd'hui peu praticable, tant les charges sur
les entreprises et les salariés ont déjà un poids
relatif supérieur à celui de nos principaux voisins et concurrents.
-la voie de
la diminution des prestations : La réforme Balladur s'est déjà
fortement engagée dans cette direction puisque la baisse des pensions
qu'elle va entraîner en prenant en compte le calcul sur les 25 meilleures
années entraînera de fait une baisse de l'ordre de 15 à
30%. Il convient de limiter les conséquences de ces mesures qui
ont de surcroît accru les iniquités entre les différentes
catégories sociales.
-La voie de l'augmentation progressive de la durée du travail :
C 'est la voie objective qui traduit la réalité démographique
et le fait que la durée de vie s'allonge permettant ainsi des durées
de pensions plus longues.Elle atténue le déséquilibre
des générations, allège le poids de la retraite sur
les jeunes et surtout elle remédie à l'absence de personnels
qualifiés que va entraîner le départ massif en retraite
des " babys boom " entre 2008 et 2014.s
4) La réforme du gouvernement
1 )Harmonisation public-privé entre 2003 et 2008.:40 années
de cotisations pour tous.
2) Allongement progressif pour tous à 41 ans entre 2008 et 2012,puis
à 42 ans entre 2012 et 2020.
3) Stabilisation de la dégradation du montant des pensions :
-75% du SMIC minimum
-2/3 du revenu d'activité pour les autres.
4) Retraite à la carte par une possibilité de dépasser
après 60 ans les 40 années de cotisations en bénéficiant
d'un bonus de 3% par année supplémentaire. Ainsi qu'une
décote dont le montant reste à déterminer si le départ
est réalisé avant les 40 ans de cotisations.
5) Maintient des avantages familiaux pour les femmes et ouverture pour
les hommes ayant élevé leurs enfants.
6) Ouverture d'une épargne salariale de type PREFON pour le privé
7) Carrières longues et pénibles : Possibilité pour
les actifs ayant démarré leur carrière à 14
ou 15 ans de partir dès 58 ans. Pour ce qui concerne les métiers
pénibles, négociation dans les branches.
8) Création d'une structure d'étude de l'évolution
économique et démographique se réunissant tous les
5 ans pour parfaire le dispositif.
9) Fin des préretraites et incitations pour les entreprises à
conserver leurs salariés seniors.
5) La méthode et les risques de la méthode
a) Débat préalable long avec les syndicats à la recherche
d'un consensus.
b) Pédagogie de la réforme auprès du public et débat
c) Vote au parlement
Les risques.
a) Le consensus
avec les syndicats en France serait une grande première.
b) Le temps consacré à la pédagogie vers le grand
public semble faible en regard de celui consacré aux syndicats.
c) Il reste des zones d'ombres :
I) Iniquités subsistant pour les régimes spéciaux.
ii) Equilibre financier de l'ensemble du dispositif basé sur une
diminution du chômage à l'horizon 2008 en raison des départs
massifs en retraite qui ne tient que si la croissance économique
est au rendez-vous.
iii) En France culturellement dans les entreprises on se " débarrasse
des seniors " : L'abandon de cette pratique adjointe a une formation
adaptée des seniors est une condition majeure de la réussite
de cette réforme .
iv) Le blocage de la situation par des comportements rétrogrades
comme en 1995.
V )Le renvoi à de nouvelles décisions tous les 5 ans risquant
à chaque fois de faire resurgir des conflits.
vi) QUID de la période 2020-2040
vii)Le partage du temps entre le retraite à temps partiel et une
activité réduite ne emble pas assez travaillé, alors
que cette piste donnerait des libertés supplémentaires aux
francais, ferait rentrer des cotisations et remédierait aux déficits
de compétences que nous allons connaître dans la prochaine
période.
EN CONCLUSION
Le gouvernement
présente aux francais une réforme équilibrée,
compréhensible par la population que nous devons soutenir.
Il convient cependant de laisser des espaces de liberté supplémentaires
aux francais en offrant des possibilités de départ anticipé
moyennant une baisse des pensions ou un rachat des cotisations assurant
l'équilibre financier de l'opération ou de permettre le
développement du travail à temps réduit avec un cumul
de retraite. Par ailleurs il est indispensable de proposer un plan ambitieux
de formation aux seniors afin de maintenir une activité motivante
pour les individus et une meilleure productivité pour les entreprises.
Daniel SOLARET
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